La Chapelle Notre Dame de Grâce

Depuis le XIè siècle, à quelques encablures de Honfleur, dans un cadre magnifique, avec un point de vue imprenable sur l’Estuaire, la chapelle Notre Dame de Grâce est un haut lieu spirituel honfleurais.

Notre Dame de Grâce protège Honfleur et ses habitants depuis toujours, comme en témoignent les innombrables ex-votos qui tapissent les murs de la chapelle, signes de reconnaissance pour un vœu exaucé, une prière entendue …

Nombreux sont les honfleurais qui pensent que c’est grâce à l’intercession de Notre Dame de Grâce que Honfleur est la seule ville normande à ne pas avoir été bombardée pendant la seconde guerre mondiale.

C’est le 15 février 1912 que le Chapitre de Saint Pierre de Rome a décerné la couronne d’or à la statue de Notre Dame de Grâce. Les fêtes solennelles de son couronnement  ont été célébrées en juin 1913.

Le Vœu de Richard II

Vers 1023, une première chapelle fut fondée par Richard II Duc de Normandie,  pour accomplir un vœu fait au cours d’une tempête où il avait failli périr. Un éboulement de falaise l’emporta en 1538 à l’exception d’un Autel et d’une statuette de la Vierge.

La chapelle actuelle fut reconstruite entre 1600 et 1615 par les marins et les bourgeois d’Honfleur sur un terrain donné par Madame de Montpensier.

En 1625, elle est couverte en ardoises et on lui rajoute un clocher. C’est à cette époque que les Pères Capucins plantèrent une croix de bois pour indiquer l’emplacement de l’ancienne chapelle (à une trentaine de mètres de l’actuel calvaire).

L’intérieur se compose d’une petite nef,  richement décorée et de deux transepts ; celui de gauche est consacré aux colons normands qui s’établirent au Canada, celui de droite est dédié à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de Lisieux.

Les verrières racontent l’histoire de la chapelle.

Une chapelle extérieure, construite en 1911, sert de sanctuaire pour les cérémonies des grands pèlerinages.

Des ex-votos exceptionnels

Des ex-votos sous forme de plaques de marbre et de tableaux perpétuent le souvenir de personnages célèbres venus se recueillir dans cette chapelle : Samuel de Champlain, Pierre Berthelot, Louis XIII, Bonaparte, Sainte Thérèse de Lisieux….

Aujourd’hui, de nombreux pèlerins et visiteurs continuent de visiter Marie, Notre Dame de Grâce, ainsi qu’en  attestent les ex-votos en remerciement de vœux qui ont été exaucés et de prières entendues.

Le chant à Notre Dame de Grâce

1.
Priez pour nous, Vierge Marie,
Priez Jésus, notre Sauveur.
Vous êtes sa Mère chérie, 
Et vous pouvez tout sur son cœur.

R.
Notre Dame de Grâce
Priez, priez pour nous !
Notre Dame de Grâce
Priez pour nous !

2.
C’est à vous que Jésus confie
Sa grâce et toutes Ses faveurs,
Afin que votre main bénie
Les dispense à vos serviteurs.

3.
La vie est une traversée
Sur un océan périlleux.
Reine puissante et bien-aimée
Conduisez notre barque aux Cieux.

4.
Ô Vierge dont la douce image
Resplendit au-dessus des flots,
Daignez préservez du naufrage
Nos intrépides matelots.

5.
De nos malades, Bonne Mère
Soyez l’espoir et le salut ;
Par votre puissance prière
A la santé qu’ils soient rendus.

Le pèlerinage des marins

Pour Notre Dame de Grâce, la protection des marins tient une place privilégiée.

Depuis 1861, la Fête des Marins est un rendez-vous exceptionnel. Durant deux jours, à la Pentecôte, un hommage est rendu aux “gens de la mer”.

La Société des Marins a pour mission d’organiser et de perpétuer, le “Pèlerinage des Marins”. Ce pèlerinage maritime demeure, à l’heure actuelle, l’un des plus importants en France.

Chaque année environ cent maquettes défilent à travers les rues de notre ville.

Le Dimanche :
Messe des marins en l’Eglise Sainte-Catherine, recueillement à la stèle des Péris en mer et Bénédiction de la mer ponctuent la journée.

Le lundi :
enfants heureux et fiers de porter une maquette, pêcheurs, plaisanciers, marins, officiels et pèlerins se rassemblent devant la Mairie pour partir en procession sillonner les rues afin de se rendre sur le plateau de Grâce pour assister à la Messe en plein air.

Pendant tout le week-end, la Société des Marins propose de nombreuses animations dont une exposition de maquettes dans les Greniers à Sel ainsi que des rendez-vous musicaux.

In https://www.ot-honfleur.fr/

Un orgue de détail

Il paraît un peu à l’étroit au centre de cette petite tribune, et son buffet de bois clair renforce son omniprésence dans la chapelle Notre-Dame-de-Grâce.

S’il n’est pas le plus imposant des orgues de Honfleur, il est pourtant celui qui a la meilleure qualité acoustique. Il faut dire que Jean-François Dupont, son concepteur, avait la lourde tâche de faire oublier un petit orgue de 1913, d’esthétique Cavaillé-Coll.

« L’instrument a été commandé en 1989 par le père Henri Boileau, le chapelain de l’époque, explique le facteur d’orgue. La petite dimension de la chapelle nous a orientés vers un orgue de détail, d’où quatre jeux en bois sur 17 au total. L’exiguïté de la tribune a imposé des astuces de conception qui se traduisent dans la composition.»

Un instrument financé par le pèlerinage

Inauguré en septembre 1990 par François-Henri Houbart, qui deviendra titulaire de la Madeleine à Paris, l’orgue aura coûté 60 000 €. Il a entièrement été financé par le pèlerinage, en seulement deux ans ! Sa sonorité suave, fluette mais aussi puissante en fait l’instrument parfait pour des concerts.

Mais, faute d’entretien, il se dégrade rapidement : 

« Aucun contrat d’entretien n’a été signé après sa conception, rapporte Claire Tardivel, de l’association Les racines de Honfleur. Au bout de vingt ans, on a repéré de nombreuses fuites d’air, et comme il n’avait plus jamais été accordé, il était pratiquement devenu impossible de jouer dessus. »

En 2011, la municipalité engage les travaux. C’est Jean-François Dupont lui-même qui le remet en état : démontage et nettoyage des tuyaux, étanchéité, révision complète. Le chantier dure un mois.

In Ouest France Modifié le  | Publié le 

La Chapelle et Sainte Thérèse

Depuis le 15 août 1835, deux jeunes filles, les demoiselles Gosselin, et leur conseiller, M. l’abbé Sauvage, vont de pèlerinage en pèlerinage solliciter Notre-Dame de favoriser leur projet de fonder un Carmel à Lisieux. Aucune des nombreuses démarches entreprises n’a encore abouti après dix-huit mois.

Le 13 janvier 1837, tous les trois viennent à Honfleur présenter à Notre-Dame de Grâce les dernières lettres qu’elles vont envoyer.

Le Carmel de Poitiers envoie aussitôt son acceptation : dès avril, les deux jeunes filles commencent leur noviciat et le monastère de Lisieux, consacré à la Vierge Pleine de Grâce (Immaculée-Conception) ouvrira ses portes le 15 mars 1838.

C’est dans ce Carmel que, cinquante ans plus tard, Thérèse Martin, âgée de 14 ans, désire devenir religieuse dès ses quinze ans et trois mois, comme elle l’a révélé à son père à la Pentecôte 1S87. Mais aucune des autorités responsables ne consent à l’y accepter si jeune.

En juillet 1887, Thérèse, accompagnée de son père et de ses deux dernières sœurs encore dans le monde, Léonie et Céline, vient demander à Notre-Dame de Grâce que le Pape accepte d’intervenir auprès des autorités responsables.

Tout se passe comme elle le souhaite: elle entrera au Carmel de Lisieux le 9 avril 1888 ; elle a quinze ans et trois mois.

La Chapelle et Claude Monet

Claude Monet (1840-1926)  rencontre Eugène Boudin au Havre :

« (…) j’avais compris, j’avais saisi ce que pouvait être la peinture par le seul exemple de cet artiste épris de son art, et d’indépendance, ma destinée de peintre s’était ouverte. » 

En 1864, Monet est à Honfleur avec ses deux « maîtres », Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind. Il y peint la Chapelle Notre Dame de Grâce.

Monet revient à Honfleur pendant 2 ans en 1866 et 1867.

 Claude Monet –  La chapelle de Notre-Dame-de-Grâce, Honfleur – 1864